Conte de Noël

Publié le par Azénora

¨Pour faire durer encore quelques derniers instants la magie de Noël, je partage ici l'un des cadeaux que j'ai trouvé dans mes petits souliers au matin du 25 décembre dernier...
(des lutins malintentionnés ont accusé mon Manu d'en être l'auteur...)
C''est un petit peu long peut être mais à celles et ceux qui ont gardé encore dans petit coin
de l'âme, une lueur enfantine,  vous allez vous régaler !



Noël n’aura pas lieu

Une heureuse journée

Snorri Oliverson était un lutin heureux, comme chaque année à la même époque, la période de Noël approchait. En tant que directeur du très secret FBPN, le Fédéral Bureau du Père Noël, il lui revenait la mission d’organiser la tournée du plus gros porteur de cadeaux du monde, de surveiller le marché du jouet, de relire toutes les lettres envoyées par les enfants a son illustre patron.

En ce matin du quinze décembre il lui revenait l’honneur de rappeler le Père Noël dans la base secrète du pôle nord. Car vous vous êtes sûrement tous demander ce que faisait le Père Noël entre deux noëls[1], en fait il vit une vie tout à fait normale et depuis quelques années il avait décidé de reprendre des études[2]. Donc Snorri Oliverson Pris son téléphone, composa un numéro secret, et attendit. Une sonnerie, deux sonneries, puis trois, puis quatre… Le Père Noël ne répondait pas, Snorri vérifia sa montre juste pour vérifier qu’il n’était pas deux heures du matin[3] dans le lieu où se trouvait son patron et néanmoins ami. Après un rapide calcul il se dit qu’il devait en fait être plus près de dix heures, et décida de rappeler plus tard,  vers l’heure du déjeuner.

Deux heures plus tard[4], il repris le téléphone, recomposa le numéro secret, et patienta, rien, toujours rien, aucune réponse… L’heure était grave.

Les ennuis commencent

Snorri Oliverson n’était plus heureux, il ne se sentait pas très bien, où pouvait bien être le Père Noël ?, avait-il été découvert par un scientifique fou qui voulait lui soutirer les secrets des technologies avancées du FBPN, avait-il été enlevé par des adeptes de Saint Nicolas, ou pire du Père Fouettard ??. 

Le Directeur du FBPN appuya sur le gros bouton rouge qui se trouvait au centre de son bureau[5], ceci entraîna la fermeture de toutes les portes ou fenêtres de son bureau, puis un micro sortit de l’accoudoir de son fauteuil. L’heure était grave, il fallait appeler les meilleurs des meilleurs, les agents du Mythique, malgré que secret, SOAL (Spécial Ouépone[6] And tactical Lutins). Il s’éclaircit la voix et prononça une seule phrase, qui avait été prévue dans les protocoles d’urgence, mais jamais prononcée : 

« Ici Snorri Oliverson, nom de code : Père No Hell, Nous avons un cas de Flèche Brisée, je répète nous avons un cas de Flèche Brisée. » Il se tut, attendant la réponse du SOAL… Il y eu des murmures incompréhensibles[7] puis la réponse des meilleurs des meilleurs se fit entendre : « Nous arrivons tout de suite avec tout le matériel et les moyens lutins qu’il faudra pour résoudre cette affaire. Fin de la communication. » Il y eu un bip et toutes les portes et fenêtres du bureau du Directeur se rouvrirent.


[1] Et pour ceux qui ne se seraient pas posé la question et bien la réponse suivra quand même !!

[2] « Pour pas mourir con » dixit le Père Noël. Alors que qui connaît l’espérance de vie d’un Papa Nowel ??

[3] Parce qu’à deux heures du matin le Père Noël se trouverai encore en boîte et donc ne pourrai pas entendre son portable sonner. Pour savoir pourquoi il sort en boîte reportez-vous au 2.

[4] Qu’avait-il fait pendant deux heures, il s’était gratté le nez, lu le journal du jour, celui de la veille, bu quatre cafés, regardé dix fois s’il avait des nouveaux mèls, deux tours aux toilettes (4 cafés quand même), tout ça en ayant l’air très occupé.

[5] Ceci est très peu pratique puisque régulièrement en posant sa tasse de café ou en lisant son journal il appuie sur ce bouton, la vie de Directeur n’est pas toujours facile.

[6] Ouépone : sorte de confiture aux myrtilles et fraises. La présence de ce mot dans l’appellation du SOAL a une raison historique, les lutins tacticiens d’antan avaient une tendance à se recouvrir de cette confiture pour obtenir l’inspiration de la Beudaaaa, la déesse de la guerre, et grande préparatrice de confitures de l’Olympe à ses heures.

[7] Si Snorri avait tendu l’oreille, voilà ce qu’il aurait pu entendre : « Oh lutin c’est quoi cette histoire de flèche cassée, j’y comprends rien, allez Karl dépêche toi, ça doit être dans le gros classeur, le rouge, allez vite !!! F…F…F…Flèche Brisée, ah ok c’est là, Alors c’est quoi ?? Ah c’est ça, ah quand même…  »


(page 2)
Quelques minutes plus tard se présentèrent devant son bureau deux des meilleurs agents du SOAL, les fameux Helmut Gromacson et Karl Tirijarson, nom de code respectifs Paire Nowel et Pernod L.

Snorri leur tendit le dossier contenant tous ce qu’il leur faudrait pour débuter leur enquête :

« Comme vous le savez nous n’avons plus que neuf jours pour retrouver Noël ONE, sinon Noël n’aura pas lieu, ce qui entraînera de graves dérèglements écopolitiques dans le monde entier, peut-être des guerres, des éruptions volcaniques, enfin des choses horribles. La survie du monde tel que nous le connaissons est entre vos mains. Bonne chance, retrouvez Noël ONE, ramenez-le à la maison, et tout sera pour le mieux. Vous avez carte Blanche. Rompez. »

En route pour de nouvelles aventures

Karl et Helmut sortirent du bureau du Directeur, et en chemin vers la piste de décollage prirent connaissance du dossier Noël ONE. Celui-ci contenait son identité d’emprunt, sa dernière adresse connue et son numéro de portable. Ils embarquèrent ensuite dans le TAGSR[1] avec leur sacs à dos, contenant tout le matériel dont il pensait avoir besoin, des vêtements de rechange, et leur carte du FBPN, section du SOAL, qui montrait leur autorité. Le moteur se mit en marche, faisant  comme un bruit de sabots sur de la glace, pour rappeler le bon vieux temps.

« TAGSR 4 vous êtes autorisé à prendre votre envol, placez vous sur la voie 6, accrochez vos ceintures, et votre casque, serrez bien vos lunettes et n’oubliez pas vos gants ; La tour de contrôle vous souhaite une bonne journée. »

Près de quatre heures plus tard le TAGSR tournait à un kilomètre au-dessus de la ville ou devait se trouver le but de leur quête. Noël ONE avait vécu dans cette ville, avait suivi des études, mais maintenant il ne répondait plus à l’appel, que lui était-il arrivé ?. Jusqu’à la tombée[2] de la nuit les deux lutins d’élite observèrent la ville, avec tout types d’appareils, scanners, jumelles à polarité variable… Ils purent ainsi se faire un plan de la ville et placer les points qu’ils devaient aller vérifier, lieux, personnes, etc…

Lorsqu’il fit nuit les deux lutins dirigèrent leur véhicule vers l’immeuble où devait habiter le Père Noël, ils se posèrent sur le toit, et se préparèrent pour accomplir leur mission. Vêtus de noir, avec lunettes de vision nocturne, et leur sac à dos spécial, ils empruntèrent la porte qui donnait sur le toit, et s’infiltrèrent dans le bâtiment. Se déplaçant en silence, dans le noir, ils arrivèrent devant la porte sur laquelle était noté Joël Lère, le nom de l’identité d’emprunt de Noël ONE. Une écoute rapide leur indiqua qu’il ne devait y avoir personne dans la pièce. Un coup sur la poignée, elle était fermée. Karl fit un signe à Helmut qui sortit de son sac un objet étrange, une boite carrée avec un bras articulé terminé par un gant blanc. Helmut colla la boite sur la serrure, et posa le gant sur la poignée, il appuya sur un bouton sur le coté de l’appareil, quelques secondes plus tard le bras articulé tira sur la poignée et la porte s’ouvrit. Helmut remit l’appareil dans son sac et entra dans la pièce, suivit rapidement par Karl qui referma la porte.

Sans allumer la lumière ils firent le tour de la pièce, la table du petit déjeuner n’avait pas été rangée, il ne semblait pas manquer de vêtements, son agenda était ouvert à la date du jour. Tout semblait indiquer qu’il avait quitté ce lieu précipitamment, même la radio n’avait pas été éteinte. Avait-il fuit quelque chose, ou bien avait-il été enlevé ??, les paris étaient ouverts.

Quelqu’un frappa à la porte.

« Joël, t’es pas là ??, attention si t’es tout nu on entre. » La porte s’ouvrit doucement, puis la lumière fut allumée. « Richard tu sais pas où il est parti le Joël, il doit pas être loin, la porte était pas fermée. Allez venez on va l’attendre à l’intérieur. »


[1] Traîneau Anti Gravité Sans Renne.

[2] Aïe !!


(page 3)

Helmut Gromacson et Karl Tirijarson eurent juste le temps de se jeter sous le lit avant que trois personnes n’entrent dans la pièce. Deux chaises furent déplacées, et quelqu’un vint s’asseoir sur le lit, d’où ils étaient les lutins voyaient trois paires de jambes.

« C’est bizarre, il a pas rangé sa vaisselle de ce matin. Il a dû se réveiller tout juste pour aller en cours.

-Ce qui m’étonne c’est qu’il ait oublié le rendez-vous, on l’appelle pour savoir où il est ? allez je le fais. Il y eu des bips bips bips. Allo, alors tu réponds pas, t’es où ?, nous on est chez toi et on est en train de vider le frigidaire[1], donc si tu as ce message dépêche toi de revenir. Allez à plus on t’attends encore dix minutes et on s’en va. »

« Bon ben il répond pas. Qu’est ce qu’on fait ?

-On va attendre encore un peu. »

Dix minutes plus tard, dix longues minutes, les trois personnes sortirent de la pièce, refermèrent la porte, et le bruit de leur pas s’éloigna. Les deux lutins purent quitter le dessous du lit, couverts de poussière, pendant que Karl allait écouter ce qui se passait de l’autre coté de la porte, Helmut saisit l’agenda pour relever des numéros de téléphone de personnes qui pourraient les renseigner. Il n’y avait que trois numéros sur l’agenda, apparemment celui des trois amis que Noël ONE c’était fait cette année, Richard Massime, Laurent Laspi et Jimmy Drigan. Ce devait être les trois personnes qui étaient dans cette pièce il y a quelques minutes, donc ses amis ne savaient pas non plus où il pouvait être. Mais peut être pouvaient-ils aider les lutin à trouver une piste.

Helmut sortit donc un combiné de son sac et tapota le numéro de Richard Massime.

« Monsieur Massime, je me présente Nowel Paire, agent du FBPN, je suis à la recherche de monsieur Lère, et des sources m’ont indiquées que vous sauriez peut-être où il se trouve. Non vous ne savez pas, vous êtes sans nouvelles de lui depuis hier, vous êtes passé chez lui et il n’y était pas. Avait il l’air tendu ces dernier jours, pensez-vous qu’il pouvait avoir des ennemis. Comment, il semblait fatigué et légèrement déprimé depuis quelques jours, mais vous ne pensez pas qu’il aurait eu des ennemis. Bien je vous tiendrais au courant de l’avancée de l’enquête, et si un détail vous revenait n’hésitez pas à me contacter au 06 007 007. Comment ? à  quelle agence j’ai dit que j’appartenais, attendez je passe sous un tunnel…el…el…el… » Helmut raccrocha.

Les deux lutins du SOAL remontèrent sur le toit, puis reprirent de l’altitude pour réfléchir à leur futur plan d’action. Mais difficile de mettre en place quelque chose quand on n’avait aucune idée de ce qui c’était passé. Ils décidèrent de surveiller la chambre de Joël Lère, s’il s’était enfui il reviendrait peut-être chercher quelque chose, et s’il avait été enlevé son geôlier viendrait éventuellement chercher un objet d’un quelconque intérêt. Ils placèrent le TAGSR en position stationnaire pour avoir un bon angle de vue sur la pièce, puis braquèrent tous les télémètres vers les fenêtres. Le moindre mouvement[2], éternuement, élévation de chaleur dans tout le bâtiment.

Il faut retrouver le Père Noël

Après une longue nuit de surveillance Karl Tirijarson posa le TAGSR sur le toit de l’immeuble. Les deux lutins du SOAL firent leur rapport au Directeur selon le protocole prévu, Snorri semblait inquiet et assez pessimiste, et il leur proposa de mettre une escouade du SOAL en attente pour une extraction, celle-ci


[1] Le vidage de frigo est un signe incontestable de l’existence d’une créature très secrète, le Grugeur, cette bête vient chez vous manger vos gâteaux, boire votre lait et laisse de la vaisselle derrière elle. Si dans votre maison il y a une petite porte qui ne donne sur rien, faites très attention, le Grugeur, sorte de croque-mitaine des frigidaires pourrait venir vous importuner.

[2] Un voisin qui avait mangé du chou-fleur au fayots, déclencha des alarmes environ toutes les 43 secondes, ce qui empêcha vraiment les lutins de dormir.


(page 4)
serait prête dans la journée. Helmut lui demanda l’autorisation d’utiliser un KrossDétector, autorisation qui lui fut accordée. Voilà qui allait pouvoir les aider.

Helmut sortit de la malle du traîneau le KroosDétector, merveille de la technologie lutine, cet objet pouvait vous détecter tous les gros à plus de deux cents mètres. Avec des possibilités de faire des réglages plus précis il pouvait alerter le porteur de la présence, dans son rayon de détection, d’un homme de plus de quatre-vingt kilos, brun au yeux verts, avec un chapeau melon par exemple. Helmut régla l’appareil sur le poids du Père Noël[1], opta pour port de lunettes et présence de barbe. Il termina le réglage avec l’option ‘préférence pour des vêtements rouges’. Il mit l’appareil dans son sac à dos et se mit l’oreillette qui biperait en cas de présence d’une personne correspondante aux critères choisis dans un rayon de deux cents mètres.

Les deux lutins prirent chacun un chapeau, et un imperméable et descendirent l’escalier, pour continuer leur enquête comme s’ils étaient des policiers humains[2].  Arrivés à l’entrée du bâtiment ils demandèrent au concierge s’il avait remarqué quelque chose de bizarre ces derniers jours. Bien qu’étonné de leur taille, celui-ci répondit, après avoir vu leurs cartes officielles, que rien de particulier n’avait retenu son attention dernièrement. Les deux lutins lui laissèrent un numéro de portable pour les joindre, juste au cas où.

Le duo se dirigea ensuite sans but précis vers le centre ville, le KroosDétector toujours en veille et tous les sens en éveils[3]. A l’approche du centre le Détecteur sonna plusieurs fois, à chaque fois qu’un Père Noël se trouvait dans le champ d’action de l’appareil, Père Noël qui se trouvèrent être tous des faux. Car même si le Père Noël existe, il ne peu pas, pour des raisons évidentes, se trouver dans tous les magasins, dans toutes les rues éclairées du monde au même instant. Alors il offre un emploi temporaire à des personnes qui en ont besoin, ce travail est pour eux une sorte de Noël avant l’heure.

A chaque fois les deux lutins du SOAL devaient vérifier le numéro d’accréditation de chaque Papa Noël, pour s’assurer qu’ils ne se trouvaient pas devant le vrai. Mais aucun d’eux n’avait de permis de niveau 5, accréditation délivrée au Père Noël lui même, ainsi qu’au Directeur Snorri Oliverson.

C’est dans cette rue qu’ils entendirent la phrase qui les fit frémir, un adolescent parlait à ce qui semblait être sa petite sœur :

« Regardez moi çà elle croit encore au Papa Noël, alors que tout le monde sait qu’il n’existe pas, allez pleure pas c’est pas grave moi je sais que c’est les parents qui amènent les cadeaux… »

Helmut dû retenir le geste de Karl qui sortait une ‘tarte à la crème invocatrice de ridicule’, une arme redoutable[4], « pas ici », lui dit-il. Lui non plus n’aimait pas ces sales gosses qui prenait un malin plaisir à briser les rêves des enfants, mais il ne voulait pas faire d’étincelles pour l’instant. Mais cet épisode l’amena à réfléchir, il eu l’intuition que toute cette histoire était liée à des phrases comme celle qu’ils venaient d’entendre.

Le reste de la journée ne fut pas très instructif, aucune trace de Joël Lère, aucun indice de sa présence quelque part en ville. Le soir venu Helmut fit part de son intuition au Directeur qui répondit qu’effectivement ce pouvait être une piste à ne pas négliger.



[1] Que nous garderons secret, après tout c’est sa vie privée.

[2] Alors que tout le monde sait que les lutins font en moyenne une taille de un mètre trente, mais laissons leur l’illusion, sinon ils seront vexés.

[3] Autant que peuvent l’être des sens alors que les lutins avaient été réveillés, rappelons-le, toutes les 43 secondes.

[4] Demandez aux entartés s’ils n’étaient pas ridicules après, demandez leur vous verrez…


(page 5)

L’enquête piétine

Le soir venu ils retournèrent à l’appartement, mais aucune trace de passage du Père Noël. Ils décidèrent, pour éviter les désagréments de la dernière nuit, de placer des détecteurs de mouvements sur la porte même de l’appartement. Emmitouflés dans des couvertures spéciales YCailleCaille[1], les deux lutins passèrent une bonne nuit au chaud et sans être dérangés par aucune alarme que se soit, ce qui fut bien pour leur repos mais ne fit pas avancer leur enquête.

Le jour suivant fut improductif, à l’image du précédent, aucune trace du véritable Père Noël, rien qui indique qu’il ait même vécu dans cette ville. La nuit suivante fut elle aussi très reposante pour les lutins du SOAL.

Le lendemain matin les lutins firent un rapide calcul. Il ne leur restait que six jours pour trouver le Père Noël et le ramener à la base opérationnelle. Cinq si on comptait le temps de préparation de la Mission Noël, et le sanglage de la combinaison que le Père Noël devait enfiler pour supporter la vitesse de son traîneau. Ils devaient donc tabler sur cinq jours, cinq jours alors qu’ils n’avaient pas l’ombre d’un indice, voilà qui pouvait sembler désespéré. Mais pour la nation lutine le désespoir n’est qu’une illusion. Quand on est lutin tout fini bien, et les adages[2] dans ce sens ne manquent pas. Alors à quoi bon s’en faire, si la solution n’apparaissait pas quand on la cherchait, elle finissait par arriver d’elle même. En principe.

Un ami qui vous veut du bien

Et c’est un peu ce qui se passa. Le téléphone d’Helmut sonna, le numéro appelant était celui de Richard Massime, la personne qu’ils avaient contactés trois jours auparavant. Après une brève discussion il raccrocha.

« Karl sort la carte, apparemment Joël Lère aurait été vu dans un bar, le Yellow Cat, hier soir.
- Oui mais si c’était hier soir il peut être n’importe où maintenant. Dit Karl.
- Oui mais comme on n’a rien d’autre on y va et vite, en avant Guingand[3] !!!! les affaires reprennent, allez pendant que tu conduis j’appelles Snorri. »

C’est ainsi que les deux agents du SOALse dirigèrent vers le bar le Yellow Cat[4]. Ils se posèrent en haut d’un immeuble, et descendirent presque en courant jusque dans la rue.

Une fois dans le Yellow Cat, il n’y avait plus qu’a demander au barman où se trouvait Joël Lère, et celui-ci leur répondit, qu’il avait bien vu un Joël hier soir mais qu’il ne savait pas où il pouvait bien habiter.

« Il répétait toujours la même chose, un truc sur les enfants qui ne croyait plus à rien, on les élève, qu’il disait, et pis hop après  y z’y croient plus au Papa Nowel, moi qui leur ait tout donné. Une fois qu’il avait dit ça il reprenait une vodka, et il recommençait. Je sais pas dans quel état il s’est couché mais je pense que ce matin ça devait être dur. »

Lorsque les deux lutins sortirent du bar, Helmut sortit son téléphone portable et appela Snorri Oliverson. Après une longue palabre, il raccrocha.

« Espérons que ça marche, maintenant allons voir les nouveaux amis du Père Noël, je crois que nous aurons besoin de leur aide pour le retrouver. »


[1] Disponibles dans la plupart des magasins du grand Nord.

[2] Il m’en vient d’ailleurs quelques un : ‘Un tiens, vaut mieux que de remettre à demain’, ‘Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin on voit mieux le mur’. Toute la sagesse lutine en si peu de mots.

[3] Guingand est le renne le plus rapide de l’attelage du Père Noël, c’est aussi, dit on, le plus futé.

[4] Y’a de ces noms de bar, j’vous jure.



(page 6)

Un demi-heure plus tard deux petites silhouettes sonnaient à une porte, sous la sonnette se trouvait le nom de Richard Massime. Celui-ci vint ouvrir la porte.

« Bonjour messieurs que puis-je pour vous ?
-Je suis l’agent Nowel Paire et voici l’agent L. Pernod. Nous sommes venu pour vous rencontrer pour parler de l’affaire de la disparition de Monsieur Joël Lère. Suite à votre coup de fil de ce matin nous sommes passés au bar du Yellow Cat, mais notre homme ne s’y trouvait plus et le barman a été incapable de nous donner une indication sur le lieu où il à passé la nuit. Vos amis sont-ils là, nous aurions plusieurs questions à vous poser ainsi que des révélations sur monsieur Lère. »

Rien que la vérité

Richard les fit entrer chez lui, Jimmy Drigan et Laurent Laspi étaient assis sur le canapé en train de regarder la télévision. Après de rapides présentations, Helmut pris la parole :

« Je suis un agent du FBPN, le Fédéral Bureau du Père Noël, et si nous sommes à la recherche de l’homme que vous connaissez sous le nom de Joël Lère c’est  qu’il est notre patron, le Père Noël. Je vois que vous vous posez des questions sur ma santé mentale, mais moi et mon collègue sommes des lutins et notre mission est de ramener Noël ONE à notre base avant le 24 décembre au soir. Nous pensons que Noël ONE à perdu foi en sa mission, face au nombre croissant d’incroyants qui habitent ici, et c’est pour cette raison que nous avons besoins de vous. » Il ôta son chapeau laissant apparaître ses deus oreilles pointues et son bonnet pointu[1]. Karl posa son sac à dos au milieu de la pièce et en sorti un tabouret, puis un deuxième, ensuite en forçant un peu une table de camping, bien sûr tous ces objets n’étaient pas censés tenir dans ce si petit sac à dos. Le visage souriant des trois garçons disparu, laissant place à une intense réflexion. Ce fut Laurent qui repris la parole le premier :

« Je dois dire que vous m’avez convaincu
-Moi aussi, reprit Jimmy
-Ainsi que moi, termina Richard, qu’attendez vous de nous. »

Helmut se rapprocha d’eux, et leur expliqua.

Noël se rapproche

Les trois amis écumèrent les rues proches du bar pendant une heure avant de retrouver Joël Lère dans un bar, le Rose Eléphant. Il était dans un état d’éthylisme avancé et ses amis durent le porter pour le ramener chez lui.

Le lendemain matin ils le réveillèrent de bonne heure et le poussèrent à prendre un bonne douche. Puis malgré ses protestations il l’emmenèrent vers le piège que lui avaient tendu les deux agents du SOAL, un piège redoutable.

Alors qu’ils se préparaient à rentrer dans les locaux d’une école maternelle, Joël leur demanda ce qu’ils allaient faire dans ce bâtiment. Ce fut Jimmy qui lui répondit :

« Tu sais depuis quelques semaines tu nous dis toujours que tu voudrait trouver un petit boulot pour t’aider à financer tes études, et nous pendant que tu étais on ne sais où on t’as trouvé un job aux petits oignons. Une heure de représentation, et une somme rondelette à la fin, elle est pas belle la vie, t’as pas des supers amis. »

Et ils le poussèrent dans l’école. A l’étage se trouvait une grande salle dans laquelle tous les enfants de l’école étaient réunis et chantaient des chansons de Noël. Alors que Joël avait un nouveau mouvement de recul Richard le repris : 


[1] Sans grelot au bout pour ne pas faire de bruit. On est une unité d’élite ou on ne l’est pas.



(page 7)

« Allez vas-y, faire le Père Noël pendant une heure ça va pas te tuer, en plus on a dit à tout le monde que t’allait être super. Tu vas pas te dégonfler. » Et ils le firent entrer dans une petite salle dans laquelle se trouvait un costume de Père Noël.

Lorsque le Papa Noël entra dans la salle, tus les enfants se tournèrent vers lui, les yeux pleins d’étoiles. Une petite fille se leva de sa place et alla à sa rencontre, lui prit la main et l’entraîna vers le reste du groupe, lui présentant tout ses amis…

Quand il sortit de la salle il trouva les deux lutins dans la petite pièce.

« J’aurais dû me douter que vous étiez derrière tout ça.
-Vous savez, répondit Karl, on n’a fait que vous attirer au bon endroit.
-Et puis il serait dommage que les enfants qui y croit encore soient pénalisés à cause de ceux qui n’y croient plus. Patron je suis heureux que vous soyez de retour parmi nous.
-Et mes amis vous les avez mis dans la confidence ? demanda Joël soudain inquiet.
-Il à bien fallu, répondit Helmut, mais ils ont déjà tout oublié.
-J’aurais voulu au moins leur dire merci et a-revoir.
-Pour cela il faudra attendre un peu, allons-y maintenant. »

Noël

Comme chaque année il fallut une demi-journée pour que le Père Noël enfile sa combinaison. Mais il se prêta a cet habillage avec la même bonne humeur que les années précédentes.

Le briefing avec Snorri se passa très bien, la seule allusion qu’il fit au sujet de l’affaire fut « vous m’avez fait un peu peur cette année. »

Mais Snorri était un lutin heureux, et pas rancunier pour deux sous. Il lui donna même une idée…

Lorsque le Père Noël se trouva sur la piste de décollage, il salua l’équipe technique qui avait révisé son traîneau. Celui –ci était tiré par des vrais rennes[1], la coutume avait la vie dure mais aussi un certain charme. L’équipe technique avait aussi ajouté quelque chose suite à la demande de Snorri.

La tournée de Noël se passa sans aucun problème, il livra tous ses cadeaux en un temps record. Ce qui lui laissa le temps de retourner tourner au dessus de la ville où il avait vécu pendant quelques saisons. Il appuya sur le bouton que l’équipe technique avait rajouté au tableau de bord. Deux rampes se déplièrent de chaque coté du traîneau. Et de chaque rampe commença à tomber de la neige. Quelques flocons mais le Père Noël fit tellement de passage que la ville fut bientôt recouverte d’un manteau tout blanc. Content de lui et de l’idée de Snorri le Père Noël fit demi-tour et repartit vers la base du FBPN.



[1] Des rennes entraînés et nourris avec des champignons gnomes ainsi que de la poussière féerique.


(page 8)

De la Neige

Lorsque les trois amis se réveillèrent dans l’appartement de Richard où ils avaient passés un très bon réveillon, la ville était toute blanche. Ils passèrent quelque minutes silencieuses à contempler le tapis de neige puis décidèrent d’aller en profiter.

Pendant une heure les boules de neige volèrent dans tous les sens, et il y eu des rires, beaucoup de rires. Et quand le froid se fit sentir a travers leurs vêtements il rentrèrent.

Sur la table se trouvaient trois paquets, avec un carton qui disait juste « A mes amis », Comment les paquets étaient arrivés jusqu’ici, ils ne se posèrent même pas la question, parce qu’ils savaient…

Ils savaient que le Père Noël existe.

Et comme des enfants ils se précipitèrent sur leurs cadeaux.

 

 

 

 

 

 

Publié dans Contes

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Joel LÚre 21/01/2006 22:22

Quelle belle histoire, çà me rapelle des souvenirs.

Max 10/01/2006 09:11

Quelle belle histoire, qui remue tellement de souvenirs...Merci Manu.:)

kLr 09/01/2006 21:09

La flemme de ttlire mais ca doit être bien LoL !!!! ;)